Enfant

Que faire quand mon enfant refuse de manger ?

C’est une question qui revient très souvent dans l’exercice de mon métier : que faire lorsque mon enfant refuse de manger ? C’est une inquiétude légitime car bien manger rime avec santé ! Cette simple question peut vite devenir un enjeu quotidien, source de conflits et mal-être pour toute la famille, surtout lorsque le refus dure dans le temps.

Alors voici dans cet article des conseils et astuces simples pour régler cette situation en douceur, pour que repas rime avec sérénité et moment agréable !

Pourquoi mon enfant refuse de manger ?

  • Avant toute chose, il faut éliminer les causes physiologiques et organiques : mon enfant a t-il mal au ventre ? Mal aux dents ? De la fièvre ? Ne pas hésiter à consulter le médecin. Si tout va bien, on peut se tourner vers les causes comportementales.
  • L’enfant peut avoir un petit appétit. Instinctivement, les enfants savent respecter leur faim et leurs besoins. A partir de deux ans, les besoins liés à la croissance diminuent un peu, ce qui peut se répercuter sur les quantités. Comme nous, les enfants ont un appétit qui fluctue.
  • La cause la plus fréquente d’un refus de manger est la suivante : vers l’âge de 2-3 ans apparaît une phase d’opposition, faisant partie de son développement normal. L’enfant va tester son pouvoir sur ses parents en montrant son opposition à ce qu’on lui propose à table. L’enfant va également développer une méfiance naturelle envers la nouveauté, c’est ce qu’on appelle la néophobie alimentaire, et c’est tout à fait normal.

Enfin,  il faut relativiser : tant que l’enfant grandit bien, qu’il grossit normalement et qu’il fait preuve de beaucoup de vitalité : il ne faut pas s’inquiéter. Cela montre que l’enfant reçoit  l’énergie dont il a besoin, même avec les petites quantités qu’il consomme. C’est une phase transitoire qui passera plus facilement grâce aux conseils qui suivent.

Sept solutions pour que mon enfant accepte de manger

Le tout premier conseil que je puisse vous donner est de vous armer de patience. Les exercices que je vous propose dans cet article devront être répétés au quotidien pour instaurer une routine et une constance dans votre comportement. C’est un travail de longue haleine qui finit par porter ses fruits ! Ce sont tous ces conseils mis ensemble, bout à bout, qui vous offriront le résultat escompté : votre enfant acceptera de manger, et la bonne ambiance régnera à table !

1. Intégrez votre enfant dans la préparation du repas

C’est important de montrer à votre enfant que le repas existe en dehors du moment où tout le monde se met à table.

Lorsque vous faites vos courses, vous pouvez par exemple lui laisser choisir un aliment qu’il a envie de goûter et éveiller ainsi sa curiosité. Et pourquoi ne pas lui montrer comment vous préparez le repas ?

Vous pouvez également lui expliquer d’où proviennent les aliments, comment poussent-ils et quel chemin ont-ils parcouru avant d’arriver à son assiette. Les enfants aiment ce qui est ludique, alors c’est un bon moyen de les faire s’intéresser au repas.

2. Calme et bonne humeur

Essayez autant que possible de faire du repas un moment calme et convivial, qui se déroule dans une bonne ambiance, et sans autre distraction (pas de télé dans l’idéal !). Votre enfant se sentira bien plus à l’aise et enclin à manger dans une ambiance sereine.

3. Évitez de forcer, de négocier…

Forcer votre enfant risque d’entraîner un blocage et une situation de conflit qui peut s’installer dans le temps. Il vaut mieux éviter de le forcer à finir son assiette ou à prendre plusieurs bouchée, de même qu’il est inutile de négocier. En négociant (par exemple : “si tu manges ça tu auras droit à ça”) ou en menaçant, vous renforcez le pouvoir qu’a votre enfant sur vous, ce qui le conforte dans son processus d’opposition.

Il faut donc à ce moment-là accepter son refus de manger ! Facile à dire, mais évitez de montrer à votre enfant l’impact que son refus a sur vous : s’il vous sent affecté(e), cela renforcera son pouvoir sur vous, et l’encouragera dans son comportement.

Enfin, évitez de menacer votre enfant d’être privé de dessert, cela a pour seul effet de valoriser les aliments sucrés au détriment des autres aliments, et insinue une forme de récompense. Le dessert faisant partie de l’équilibre alimentaire, c’est intéressant d’inculquer à votre enfant la composition d’un repas équilibré en ne le privant pas d’un des éléments de son repas.

4. …Mais demandez-lui de goûter

C’est malgré tout important que votre enfant goûte ce qu’il a dans son assiette. Le goût est un sens qui évolue tout au long de la vie et qui se travaille. Il faudra parfois proposer un aliment dix fois à votre enfant avant qu’il ne l’apprécie. N’hésitez pas à lui re-proposer l’aliment plusieurs fois dans le mois, sous différentes formes (cru, cuit, en purée…), pour l’éveiller au goût. Essayez de ne proposer qu’un aliment nouveau à la fois pour ne pas le brusquer.

Enfin, vous pouvez essayer d’utiliser un autre terme que celui de “goûter”, qui peut éveiller la méfiance de votre enfant car il insinue un risque que l’aliment ne lui plaise pas, mais aussi une attente de votre part. Tentez les mots “manger” ou “croquer”. Vous pouvez aussi l’encourager à sentir les aliments, c’est déjà une forme d’éveil au goût !

5. Vous êtes l’exemple

Ce point rejoint celui évoqué précédemment. Il est important que toute la famille mange la même chose, et surtout que votre enfant vous voit manger.

Goûtez devant lui les aliments que lui refuse de manger. Ainsi, petit à petit, il abaissera sa méfiance envers cet aliment et envisagera de le goûter aussi. N’oublions jamais que nous sommes les premiers modèles de nos enfants !

6. Portez votre attention ailleurs que sur l’assiette de votre enfant

Décentralisez au maximum votre attention du contenu de l’assiette de votre enfant, et reportez plutôt cette attention sur le reste de la famille, en créant des échanges qui n’ont rien à voir avec le repas en lui-même. Ainsi, votre enfant comprend que refuser de manger n’est pas un bon moyen d’attirer l’attention.

Et à l’inverse, si vous focalisez sur son assiette au détriment du reste de la famille, il comprend très vite que c’est un super moyen d’obtenir l’attention pour lui seul. Moins on accorde d’importance au repas de l’enfant, moins il prendra plaisir à être dans l’opposition et le refus de s’alimenter car il y a une perte d’enjeu et de défi.

7. Sans commentaires

Pour sortir votre enfant de sa phase d’opposition, je vous conseille de ne pas commenter “l’état” de l’assiette de votre enfant lorsque vous la débarrassez. Pas de commentaires pour le féliciter (“bravo tu as bien mangé”) ni pour le gronder (“tu n’as rien mangé”), car ils alimentent le conflit et l’enjeu.

Ils sous entendent que l’enfant doit manger pour nous faire plaisir, ce qui renforce son pouvoir sur nous adultes car il peut décider de nous contenter ou non.

Faites-moi part de votre expérience

Quel travail que celui d’éduquer nos enfants ! Surtout lorsqu’ils sont si habiles à jouer avec nos nerfs et à mettre le doigt là où ça fait mal…Bien-sûr, ce ne sont pas de petits monstres ! Mais la phase d’opposition est parfois difficile à gérer et nous parents sommes démunis lorsque nos petits bouts se transforment en êtres aussi têtus.

Les quelques conseils cités au-dessus devraient permettre de raccourcir cette phase d’opposition et de la rendre plus facile à vivre pour tout le monde.

J’espère vraiment que la mise en pratique de ces quelques exercices vous aidera, faites-moi un petit retour d’expérience dans les commentaires ou par mail ! Dites-moi aussi ce qui a marché chez vous !

Sources :

 

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