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Comment je me suis préparée à accoucher sans péridurale

Lors de ma grossesse un projet s’est petit à petit imposé à moi : celui d’accoucher sans péridurale. Pourquoi ?

Peut-être d’abord à cause d’une série de témoignages dans mon entourage dans lesquels la péridurale n’a pas été si bien vécue que ça (ou a mal fonctionné). Puis, le besoin viscéral de “sentir” mon accouchement, d’être active et actrice, comme une nécessité de vivre la douleur, puis sentir mon enfant naître, comme un rite initiatique indispensable à mon nouveau statut de mère.

Je savais que ce projet demandait de la préparation, et je me suis beaucoup documentée à ce sujet. Les éléments qui suivent et que je vous présente sont ceux qui m’ont aidée à mener à bien mon projet, j’espère qu’ils vous seront utiles si vous même projetez d’accoucher sans péridurale.
(Et même lorsqu’on souhaite une péridurale, il est utile de se préparer à la douleur des contractions, les points qui suivent peuvent vous être utiles également).

Je me suis servie d’outils pour être endurante face à la douleur

C’est un fait, les contractions de travail sont douloureuses. Généralement, et surtout pour un premier enfant, le travail peut durer plusieurs heures, l’intensité de la douleur étant croissante jusqu’à la naissance de bébé. Lorsqu’on souhaite accoucher sans péridurale, il faut donc être prête à supporter la douleur, longtemps, sans pour autant la subir. Voici les outils qui m’ont aidée :

  • La méditation : c’est un outil très pratique, qu’on peut utiliser tout au long de sa grossesse et qui s’avère utile dans bien d’autres situations. La méditation aide à prendre conscience de son corps et à se détacher des émotions qui peuvent nous traverser. On les laisser couler sur nous, sans qu’elles ne nous impactent. La méditation aide à prendre de la distance avec la douleur, à la regarder comme une entité qui ne peut pas nous submerger. Enfin, c’est comme ça que je l’ai comprise.
  • La respiration profonde : C’est une technique de respiration dans laquelle on expire pendant très longtemps en vidant complètement l’air, en creusant son ventre au maximum (oui, même quand on est enceinte avec un gros ventre on peut le faire !). Cette respiration a deux intérêts pendant la phase de travail : bien s’oxygéner et donc bien oxygéner son bébé qui peut avoir des difficultés avec les contractions, et ne pas se focaliser sur la douleur mais plutôt sur le souffle, ce qui permet de mieux la supporter.
  • Des visualisations : techniques utilisées en sophrologies notamment, il s’agit de visualiser mentalement des objets, lieux ou situations, et de s’y “accrocher” afin là encore de ne pas focaliser sur la douleur. On peut imaginer son bébé descendre un peu plus dans le bassin à chaque contraction, ou visualiser la contraction comme étant une vague. Ici, je visualisais un arbre, fort et solide, auquel je m’accrochais : il m’aidait à encaisser les contractions les unes après les autres.

Je me suis préparée mentalement

Dans l’accouchement sans péridurale, le mental est super important. Les affirmations suivantes sont vraiment utiles pour être endurante pendant la phase active du travail :

  • Bien comprendre que la douleur ressentie est utile, elle est nécessaire à la venue au monde de son bébé.
  • Se motiver en se disant que chaque contraction nous rapproche un peu plus de notre bébé. Chaque contraction est une contraction de moins avant l’accouchement.
  • Ne pas subir, mais plutôt accompagner son bébé dans sa naissance, former une équipe avec lui pour rendre ce moment plus agréable.

Je me suis documentée

Outre les nombreux articles qui parlent du sujet sur internet, je me suis aidée principalement de deux superbes livres :

  • « J’accouche bientôt, que faire de la douleur », de Maïtie Trélaün. Dans ce livre l’auteure qui est sage-femme nous livre avec passion les mécanismes physiologiques et biochimiques de l’accouchement, ce qui nous aide à comprendre les différentes étapes par lesquelles on passe lors de l’accouchement sans péridurale. On apprend ainsi que la douleur des contractions permet la sécrétion d’endorphine, hormone du plaisir, ce qui aide à mieux tolérer la douleur, et c’est donc un processus que notre corps met naturellement en place. Les nombreux témoignages à la fin du livre sont également très intéressants.
  • Le très chouette “Bien-être et maternité” de Bernadette de Gasquet, qui nous explique entre autres les postures antalgiques à adopter pendant la phase de travail, images à l’appui.

Je me suis également inspirée de vidéos de la chaîne Youtube “Doctissimo Maman”, avec des séances de sophrologie adaptées à la grossesse dans lesquelles sont abordés les points que je vous citais plus haut : la respiration et les visualisations.

J’ai eu un accompagnateur au top !

Lors de la phase de travail, l’accompagnateur est un allié indispensable. Il peut vous aider à adopter des positions antalgiques, et même y participer en faisant des massages. Un autre rôle très important : votre accompagnateur est votre correspondant auprès de l’équipe médicale ! Je m’explique : en pleine contraction, dans votre bulle pour gérer la douleur, communiquer avec les sages-femmes peut s’avérer difficile et vous faire perdre votre concentration.

Votre accompagnateur peut donc vous aider dans cette communication. Enfin, il est votre épaule, votre coach, pour vous aider à ne pas craquer et à mener votre projet à bien jusqu’au bout. Il est donc important que votre accompagnateur se prépare lui-aussi à cet accouchement sans péridurale, en participant aux cours de préparations à la naissance par exemple.

D’autres petites astuces qui m’ont bien aidée :

  • Savoir que la plupart des femmes qui accouchent passent par une phase appelée “de désespérance”. Elle se produit généralement lorsque la naissance est imminente, autour de 7cm de dilatation du col. Cette phase, comme son nom l’indique, est le moment où on a envie de tout arrêter, où on a l’impression qu’on n’y arrivera pas, et c’est généralement le moment où on peut craquer et demander finalement la péridurale. Savoir que cette phase existe est important, car lorsqu’elle intervient, rappelez-vous que vous êtes si près du but, que vous y êtes presque, et que le plus gros du chemin est parcouru. Savoir cela redonne du courage !
  • Bouger, marcher, ne pas hésiter à changer régulièrement de position durant la phase de travail. Mais vous verrez, c’est une évidence qui s’impose, la nature qui reprend ses droits et qui nous montre exactement ce qu’il faut faire pour atténuer la douleur et faire descendre son bébé.
  • Garder à l’esprit qu’il est très important de se détendre entre chaque contraction, de bien respirer, se reposer. Anticiper avec anxiété la contraction suivante, les yeux rivés sur le monitoring, c’est l’angoisse assurée et la perte de concentration. On peut parfois profiter de plusieurs minutes de détente et relaxation entre deux contractions.
  • Ne pas arriver trop tôt à la maternité (bon, pas trop tard non plus hein !). C’est vrai, on est mieux chez soi dans un environnement familier pour gérer la douleur. On peut facilement prendre un bain ou une douche et prendre toutes les postures que l’on souhaite. Ici, j’ai attendu plusieurs heures avant de me rendre à la maternité pour que le travail soit le plus avancé possible (mais attention ça dépend vraiment de chacune, ne tardez pas trop non plus si ce n’est pas un premier bébé et si vous êtes loin de votre maternité !)

Je me suis alliée avec mon équipe médicale

Ma  gynécologue ainsi que ma sage-femme ont tout de suite été à fond avec moi dans ce projet, j’ai eu beaucoup de chance !
Ma gynéco m’a proposé l’usage de la salle physiologique de la maternité, qui est là encore un très bon outil pour accoucher sans péridurale. On y trouve une baignoire de dilatation, des tatamis, un ballon, des lumières tamisées. Du coup, c’était bien noté sur mon dossier que je souhaitais accoucher sans péridurale et dans la salle physiologique, ce qui fait que les sages femmes ne m’ont à aucun moment proposé la péridurale lors de mon accouchement, et je les en remercie, ça évite la tentation ! Pour la petite histoire, je n’ai finalement pas pu aller en salle physio car elle était déjà occupée !

La sage-femme qui me suivait pour la préparation à l’accouchement m’a également aidée. Sachez qu’il existe des préparations qui aident énormément pour un accouchement sans péridurale : la préparation par la sophrologie, l’haptonomie ou l’hypnose. Ma sage-femme ne proposait rien de tout ça, mais je me suis fait ma méditation et ma sophrologie de mon côté !

 

Voilà tous les outils, les petites astuces que j’ai pu glaner à droite à gauche tout au long de ma grossesse et qui ont été ma préparation à l’accouchement sans péridurale. À tout cela s’ajoute une bonne dose d’auto-motivation : je me suis persuadée que j’en étais capable, qu’après tout les femmes faisaient ça depuis des millénaires. Le résultat a été pour moi un accouchement magnifique, qui me laisse un merveilleux souvenir et que j’aimerai revivre encore et encore. Je suis également très fière de moi pour avoir réussi à mener ce projet à bien, jusqu’au bout.

Bien-sûr, accoucher sans péridurale a été pour moi un choix très personnel, et j’ai bien conscience de la chance que nous avons de pouvoir choisir d’accoucher avec ou sans douleur. Chacune est libre de faire ses propres choix en matière d’accouchement, et c’est super ! Ne voyez donc dans mon article aucune prise à partie de ma part contre la péridurale, j’estime que le plus bel accouchement est celui que vous aurez choisi.

J’aimerai savoir dans les commentaires quels ont été pour vous les outils qui vous ont aidé à réaliser votre projet ? Et si vous êtes enceinte, quelles sont vos questions à propos de l’accouchement sans péridurale ?

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Commentaires (4)

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    Gaëlle - Perdu dans les nuages

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    Pour moi qui suis enceinte cet article est une vrai mine d’information 🙂 Je souhaitais accoucher sans péridurale et ne la prendre que si vraiment il y avait besoin. Mais du coup ça me conforte encore plus de ce côté et je vais peut être voir pour me procurer ces livres ! Et puis j’avais vu qu’on se remettait plus facilement sans cette fameuse anesthésie.

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      Chloé

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      Merci 😊 Je suis bien contente que cet article puisse t’être utile et qu’il te motive vers un accouchement sans péridurale. Je n’ai jamais accouché sous péridurale donc je n’ai pas de point de comparaison, mais c’est certain que j’étais plutôt en forme après mon accouchement et que j’ai pu me lever tout de suite et faire ma vie, m’occuper de mon bébé facilement. Je recommancerai sans péridurale sans hésitation, c’était tellement beau et intense. Je vous souhaite un bel accouchement et de mener a bien ce projet s’il vous tient à cœur.

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    Deborah

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    Merci merci pour cet article enrichissant de votre expérience. J’espere mener tout autant a bien ce même projet. Et m’equiper pour ce jour tant rêvé. Maman d’un petit garçon 5 ans et d’une petite fille à venir pour mai.

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      Chloé

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      Je suis bien contente si cet article peut aider d’autres mamans à mener à bien ce beau projet ! Avec une bonne préparation et de la motivation je suis certaine que vous mènerez à bien votre accouchement sans péridurale, en tout cas je vous le souhaite !

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